Même simple débutante à bord du voilier, il y a des choses à connaître & à savoir faire sous peine d'être complètement larguée
dès la première nav.
1. Les noeuds
Quand on n'en fait pas tous les jours, les noeuds, ça s'oublie vite. Il a fallu tout réviser...
Pour les marins débutants, il y a 3 noeuds
indispensables à savoir faire :
- le noeud en 8 : se fait par exemple au bout d'une écoute pour éviter qu'elle ne file, pffff... dans un winch,
et qu'elle se retrouve à l'autre bout du voilier, laissant le génois faire n'importe quoi, ce qui ne manque pas d'alerter skipper & équipier...
- le noeud "tour mort & 2 demi-clés" : c'est celui avec lequel on va fixer les pare-battages à la filière
autant dire LA tache de débutante par excellence ! "un tour mort et deux demi-clé n'ont jamais lâché" dit le dicton marin, c'est dire si là on maîtrise un truc important
!
- le noeud de taquet : pour frapper l'amarre. Mmmh... c'est là ou on se rend compte qu'il faut aussi
maîtriser du vocabulaire. Bon, en ce qui nous concerne, le noeud de taquet, c'est faire des huit avec une amarre autour d'un taquet, mais en retournant le dernier 8 d'une façon particulière pour
que ça ne cède pas. Sinon, le bateau dérive un peu et vient heurter le bateau voisin ou le cat-way, et là scriiitch sur la coque, et adieu la caution.
2. l'entrée au port :
Beaucoup plus délicat que la sortie du port, à mon avis.
Déjà, il faut que la marée soit suffisamment haute pour que le chenal d'entrée du port soit praticable. Si le calcul des marées
est mal fait, ça peut aboutir à ça :

un voilier s'est échoué dans le chenal d'entrée de l'Herbaudière. En espérant que la coque ne soit pas percée, les équipiers n'ont
plus qu'à attendre que la marée remonte... suffisamment pour entrer enfin au port et faire le bilan des dégâts. Heureusement, cela ne nous est jamais arrivé, car le sondeur du bateau avait une
certaine marge de sécurité qui nous a permis de rentrer par exemple à Port-la-Vie par un fond affiché à 90 cm avec un tirant d'eau de 1,45 m...
Dès que l'entrée du chenal pointe son nez, l'ensemble de l'équipage du bateau, même âgé de moins de 13 ans se met à s'agiter dans tous les sens pour remonter les pare-battages qui avaient
été lâchement balancé le patin même dans le carré, et les installer sur les filières aux endroits & hauteurs stratégiques.
Puis tandis qu'1 ou 2 équipiers installent les amarres qui seront prêtes à être lancées sur le quai ou sur un bateau,
2 autres équipiers débutants se tiennent au garde-à-vous avec les pare-battages "volants" à la main, prêts à parer à tout rapprochement intempestif du voilier d'un ponton ou d'un bateau
voisin. Le tout dans le plus grand silence pour ne pas déconcentrer le skipper qui manoeuvre un bateau de 12 m, aussi réactif qu'une savonnette (je parle uniquement du Shatzi, évidemment, ça
n'est pas le cas de tous les voiliers. Le Syracuse, par exemple, obéit à son skipper au doigt & à l'oeil)
3. Tenir le cap
Pas facile la 1ère fois de tenir la barre d'un voilier de 11 mètres, car l'engin n'est pas équipé de la direction assistée
. Mais une fois qu'on a saisi comment le bateau réagit quand on tourne la barre, c'est plutôt facile, du moins quand le
vent est calme.
L'idée c'est de se trouver un point de repère au loin (une bouée, un nuage, un château d'eau à terre...) et de garder le cap
vers ce point.
En évitant les casiers à crustacés, tant qu'à faire.
Et en respectant les balises, histoire d'éviter de s'encastrer dans un rocher ou une épave masqué par l'eau. Il faut donc guetter
les cardinales qui indique où se trouve le danger à éviter. Parfois on les voit de très loin (généralement on s'attend à les voir parce que le skipper les a repérées sur sa carte), parfois on
cherche, on cherche...
Ce genre-là par exemple, tout en métal ajouré, ne se repère pas bien du tout de loin, on ne la voit que quand on a le nez dessus
(et là, heureusement qu'on savait à l'avance de quel coté l'aborder)
Quand le vent se lève, ça devient plus compliqué de tenir la barre, d'abord parce que le bateau gîte beaucoup, et que pour rester
horizontal, il faut se tenir une jambe au sol, l'autre sur un coffre/siège, et ensuite parce que la barre est beaucoup plus difficile à tourner, le bateau semble ne plus répondre aux changements
de direction... signe qu'il faut prendre un ris.
Et effectivement, une fois que la voile prend moins de
vent, le bateau redevient plus facile à diriger... Ouf !!
Mais le top, c'est de tenir la barre vent arrière avec les voiles en ciseaux. La grande classe. C'est comme ça que nous
sommes arrivés sur Pornic...
4. Participer aux manoeuvres
Et tout
d'abord, aux virement de bord. Au début, il ne s'agit que de lâcher l'écoute d'un
coté (sans se brûler la peau en la laissant filer trop vite), et puis ensuite, on s'essaie au winch de
l'autre coté.
C'est-à-dire : apprendre à enrouler l'écoute deux fois autour du winch avant de la caler dans la gouttière ; tirer comme une
brute à toute vitesse sur l'écoute au moment ou le génois arrive de notre coté pour le border (= le "tendre") ; attraper la manivelle de winch, la fixer correctement sur le winch, et là, tourner
dans le bon sens avec vigueur... car il y a un sens ou c'est plus facile de tourner que l'autre, et généralement, dans le feu de l'action, on se plante une fois sur deux.
Et puis progressivement, on est amené à manipuler un ou deux taquets du piano...
5. Et pour
progresser...
Rien ne vaut un cours en petit comité, comme pendant la dernière journée de la semaine à 3 sur
le voilier, par beau temps ensoleillé, avec tout le temps pour rallier Saint-Gilles aux Sables d'Olonne. Alors j'ai eu droit à mon petit cours de voile, avec possibilité vu le faible vent du
matin à tenter des trucs comme empanner sans le faire exprès, tout ça... Sur le coup, j'ai même compris la différence entre lofer & abattre (mais voilà, un mois après, j'ai déjà oublié
). Le vent qui s'est levé en fin de journée a permis de tester ce que c'est de prendre un ris et de m'éclater à la
barre du bateau par petite brise.
Un très bon souvenir !
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